Esteban Ruiz Moral
ARTE CONTEMPORÁNEO / ART CONTEMPORAINE / CONTEMPORARY ART
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ESTEBAN RUIZ
. Paris 1999
Aprés 10 ans d´un travaìl approfondi sur la representation des images, croyances et epìphanies dans les religions primitives, et apres un long voyage en Orient (Inde et Nepal) et Amerique Latine, au cours du quel je me suis impregné de leurs cultures et coutumes, j´ai pris un virage significatif á partir de la base conceptuelle et iconologique de mon oeuvre.
Ces toiles et sculptures d´une esthetique nette et clair, le sont égalment dans leur aspect conceptuel, puisque j´ai reflete mes sentiments les plus profonds. mes fantasmes et mes peurs. Amour, sexe, la vie, la mort, le sacrè, le profane dans le sacrè à travers une ètude en profoundeur de penseurs et personages litteraires qui ont indiquè la marche à suivre le long de ce chemin ètroit qui est la vie, et san lesquel, mes schemes humanistes et intelectuels se seraient perdus au auraient pris une autre direction.
En entrant directemen et san peur dans l´analyse et l´interpretation de ces personnages, j´aboutis à un language -à travers un travail intensif à l`atelier qualitativement mystique, qui touche par moment la folie- d´une maturite basse sur ma culture, celle de ma terre andalouse qui a su interpreter spontaneament ces savoirs, jusq´au paroxysme de passions reflétés dans la vie.Esteban Ruiz et la Mistique
Quelque part à 1000 metres d’altitude, entre Jaén et Grenade, un petit village, Valdepeñas de Jaén. C’est là que travaille Esteban Ruiz dans une Andalousie différente, à l’écart des hordes de touristes, une Andalousie de montagnes, froide mais chaleureuse, une Andalousie presque castillane, avec au loin pour réver, cachée derrière la Sierra Nevada, la mythique Grenade, symbole du raffinement de la civilisation arabo-andalouse.
De son atelier, Esteban Ruiz contemple ces montagnes rythmées par les plantations d’oliviers qui imposent leur rigueur mathématique sous un ciel immaculé. Au loin quelques taches de neige comme jetées par la main d’un peintre céleste. Esteban Ruiz connaît chaque recoin de ce paysage grandiose et austère, grottes préhistoriques, ruines d’un château maure, symbole des luttes passées, la caverne où se recueillait un saint (la région est propice au mysticisme). Au cours de ses promenades matinales, avant de travailler, il ramasse haches de pierre polies, morceaux de céramique arabe, etc.. autant d’objets qui le rattachent au passé et qui illustrent ce qu’il me dit un jour : « A l’époque de la préhistoire, les hommes qui contemplaient le dessin d’un peigne, comprenaient que cela représentait un animal « … Je crois que tout ceci explique l’art d’Esteban Ruiz, rattachement à notre passé le plus primitif, le plus lointain avec les cromlechs, goût du symbole, l’arc brisé, rappel des grands mythes de notre civilisation occidentale, le minotaure, don Juan, évocation des grandes œuvres de la litterature, Dante, évocation des mystères essentiels, la mort, la vie, l’amour, la maternité. L’élégance et la rigueur du paysage se retrouve dans son œuvre. Ces points bleus qui ponctuent certaines de ses toiles évoquent l’alignement implacable des oliviers, ces taches rousses jetées sur la toile encore fraiche semblent sortir directement des blessures de la terre andalouse.
Esteban Ruiz, à travers ses peintures nous invite à retrouver en nous l’homme primitif qui sait voir et sentir les choses, les objets, la vie sans passer par le prisme déformant de l’éducation, de la culture. Il fait appel à notre aspect le plus profond, le plus caché, mais en même temps il sollicite notre érudition pour lire ses tableaux. Son art nous invite à développer à la fois notre sensibilité et notre intélligence.
La caractéristique des peintures d’Esteban Ruiz, c’est l’unité, l’homogénéité, l’équilibre, l’élégance, la sensibilité et la violence contrôlées par une maîtrise totale de son art acquise après avoir réalisé plus de 400 tableaux. Il faut le voir peindre, tel un démiurge possédé...mais contrôlant sa possession, la toile jetée à même le sol comme un corps offert à ses plus profonds désirs, projetant avec violence de l’huile de lin pour provoquer des taches et ensuite se dominer totalement dans une calligraphie parfaite. A l’aise dans tous les formats, dans toutes les formes d’expression, dans tous les genres, dessinant un minuscule personnage digne du crayon d’Ingres sur la carte de visite d’un restaurant ou s’amusant pour faire plaisir à un ami à faire naître sur une feuille de papier craft une pin – up digne de Playboy,
Esteban Ruiz est un artiste qui nous ramène à nos lointaines origines en exprimant nos interrogations les plus fondamentales. Son art néglige l’anecdote pour se concentrer sur les véritables interrogations de l’homme, vivant reflet de sa terre natale, cette Andalousie éternelle qui après avoir vu passer tant de civilisations et d’envahisseurs en a décanté tous les messages pour n’en conserver que l’essentiel.

Alain Pierson. St Jean-de-Luz



L´art qui nous pousse à penser.
L' art d'Esteban Ruiz est avant tout spirituel. Spirituel dans son sens etymologique spiritualis signifie propre à la respiration. Ses oeuvres ont un rythme propre, un rythme de respiration propre. Nous retrouvons i
ci l'importance orientale de son oeuvre : coïncidence entre un vide symbolisé (la présence de cercles, de volumes, de "batons", de cadavres de poissons dans le vide) et le vide intérieur à retrouver, comme les sages orientaux y invitent.
Spirituel aussi car son souhait profond est de se passer de la matière : ce qui lui résiste pour atteindre l'Origine, l'Idéal, l'Absolu. Ce qui résiste n'est pas la Matière conçue comme entité métaphysique qui vient de l'etymologie mater : la mère, la source et qui, elle, est omniprésente dans son oeuvre. Mais la matière comme l'opposé de l'esprit : ce qui est perçu par les sens ou ce qui permet aux idées de s'incarner, à l'esprit créateur de se réaliser.
A l'instar des physiciens actuels de l'atome, la matière tend alors à perdre de sa consistance et le caractère concret que lui accorde le sens commun ; et les entités dont elle est constituée ne sont pas directement observables mais de plus en plus abstraites et conceptuelles. Ainsi l'esprit dans ses oeuvres veut faire oublier la matière même de la toile, voire même la toile elle-même comme dans ses nouvelles oeuvres qui remettent en cause l'idée même de tableau comme objet, et comme objet fixe. Les techniques d'expression sont alors considérées par l'artiste comme de simples instruments et le langage pictural comme un langage parmi tant d'autres.
C'est pourquoi la réception par le public de l'oeuvre d'Esteban Ruiz peut être le fruit d'un malentendu. On aime ou on peut aimer son oeuvre par ce que l'artiste considère comme sans importance (l'aspect sensible et matériel du tableau). Tant pis car ce n'est pas ce que l'artiste veut dire (ses idées, son langage rempli de symboles et pouvant figurer parmi les nouveaux langages ésotériques se transmettant aux initiés) qui est essentiel mais bien ce que l'oeuvre nous donne à penser. Et cette provocation à penser ne se fait pas seulement par les concepts implicites ou explicites de l'oeuvre mais bien par l'expression d'une tonalité affective.
Cette tonalité affective qui est un souffle (de la respiration et de l'esprit) donne une impression de mystère par des présences ambigues. Présence des textes qui font à la fois partie intégrante de l'oeuvre mais aussi de la pensée incarnée de ces mythes -El Quijote, Don Juan, Faust par exemple. Présence paradoxale du dénuement (qui est ce vide comme force qui remplit l'espace et comme disparition de l'aspect matériel de l'oeuvre), présence obsédante de ses nombres sacrés, mais aussi de la matière même de la toile qui revient comme pour se venger.
Pourtant la vérité de l'oeuvre ne se laisse pas enfermer dans la compréhension des idées conscientes de l'artiste, ni dans les références diverses de son oeuvre (des religions "primitives", à la culture orientale ou à la physique moderne etc ... ) ni dans aucune interprétation. Sa force est qu'elle est une "machine" à penser, qu'elle nous pousse à penser.

Sebastien Courtois
. Paris


AUTOUR DE L'OEUVRE DE ESTEBAN RUIZ

Yo soy como las gentes que a mi tierra vinieron,
Soy de la raza mora, vieja amiga del sol,
Que todo lo ganaron y todo lo perdieron.
Tengo el alma de nardo del arabe espanol.


Ainsi le poète Machado décrit l'andalou. Esteban Ruiz est andalou. Etre andalou c'est avoir dans ses veines du sang phénicien, romain, visigoth, arabe, juif, chrétien.
C'est être aveuglé par une lumière qui vous ouvre l'âme, c'est dire du Lorca sans l'avoir appris, c'est faire partie d'un peuple qui vit en harmonie avec lui même, c'est être musulman mais demander à des ouvriers chrétiens venus de Byzance de construire la mosquée de Cordoue en utilisant des chapiteaux romains pour couronner leurs colonnes, démontrant ainsi que l'idée de Dieu est supérieure à la religion de chacun, c'est également être chrétien et utiliser un minaret pour clocher.
C'est naître sur une terre éternelle et moderne, toujours conquise et jamais dominée. Voir passer tant d'envahisseurs, devoir s'adapter à tant de cultures et de religions différentes permet à l'andalou de ne s'attacher qu'à l'essentiel, à ce qui transcende les civilisations, à ce qui touche tout être humain à quelque époque que ce soit: La vie, la mort, l'amour, la mère, Dieu. C'est ainsi que les chanteurs de flamenco, parfois illettrés s'expriment naturellement par concepts. C'est ainsi que l'on retrouve dans les tableaux d' Esteban Ruiz des thèmes propres à l'essence de l'homme, la Justice, la quête du Paradis, la Mort, la mère matricielle de l'humanité, l'arène, exprimés de façon conceptuelle comme les hommes de la préhistoire représentaient de façon conceptuelle le monde les entourant. La peinture d'Esteban Ruiz est bien andalouse, car moderne par son expression et éternelle par ce qu'elle exprime. Riche comme la terre qui l'a vu naître, chacun y trouve une réponse à ses
questions comme le dit ce chant flamenco:

En cada copla que canto
Otras mil coplas se envuelven
Pues cada cual en el corro
a su manera la entiende.

ALAIN PIERSON



Le territoire sacré
Dans les peintures d´Esteban Ruiz vous trouvez des arcatures, des traits flêchés, des cordes, des échelles, des cornes de taureau...
Ce sont les signes qui vous guident vers un territoire sacré: une marelle chamanique avec un paradis pour finalité, dont les cases sont 1, 2, 3, la terre et le ciel 4, 5, 6, la vie 7, 8, 9, la mort.
Pas de subterfuge, l´homme est lá, nu, incarnation de l´énigme cosmique il est comme vous, il n´y a pas de régle, pas de manuel démploi.
Cést a vous de jouer.

Chantal Mennesson

 

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